A bout de forces

Si on pose la question à la grande majorité des personnes qui m’entourent, ils diront que je suis quelqu’un de fort. Mais, ceux qui me connaissent d’autant plus savent que ce n’est qu’une apparence.

Pourtant, je dirais que 90% de mon cercle proche s’arrête à cette carapace. On se dit que je suis sociable, mais assez distante. Gentille, mais avec un côté très terre à terre.

Cette force, je l’ai construite. Je ne suis pas née avec. Elle s’est forgée au gré des embûches de ma vie et des rencontres que j’ai faite.

Aujourd’hui, ma force c’est ma faiblesse. Elle est tellement présente dans ma vie que je suis incapable de la mettre de côté. Au point qu’elle me provoque des larmes presque chaque tellement je me sens acculée.

Je n’ai pas toujours été une dure à cuire. J’étais même plutôt une petite chose fragile en étant plus jeune : timide, introvertie, victime. Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que j’ai vécu du harcèlement scolaire.

J’étais l’élève idéale, qui n’ouvrait jamais la bouche, et qui suivait ses amis car elle ne souhaitait qu’une chose : se faire aimer.

Je parle de cette personne à la troisième personne car j’ai l’impression d’avoir tellement changé que ce n’est plus moi. D’ailleurs, ceux qui me connaissent depuis toujours ne me reconnaissent plus depuis.

Après ces années difficiles, au collège, j’ai pris la décision de m’endurcir. De devenir plus forte qu’un roque. Après tout, si on ne montre pas nos sentiments, les gens ont moins de chance de nous atteindre ?

C’est comme cela que je vois la vie, encore aujourd’hui. Je ne laisse que très peu de monde entrer dans ma vie, en prenant toujours le risque d’en sortir également très vite, car je ne souhaite pas de relations toxiques.

Des relations toxiques j’en ai connu : dans ma famille, dans ma vie amoureuse et surtout dans mon cercle d’amis. Je ne souhaite pas perdre mon temps, ni mon énergie dans ce genre de futilités. J’ai tellement d’autres choses à concrétiser.

Alors, depuis mes 16 ans j’avance coûte que coûte, droit devant moi. La seule croyance que je répète avoir : c’est de croire en moi. Je me convaincs que je peux être la seule personne à avoir les cartes en main pour me créer un beau destin.

Jusqu’ici on pourrait croire que cela m’a plutôt bien réussi. Je ne pourrais d’ailleurs pas dire le contraire ! Mais il y a cette autre partie de moi. Celle que personne ne connait. Celle que je garde pour moi, quand je suis seule.

Celle qui, aujourd’hui, m’envahit beaucoup trop.

Au point d’avoir envie de dire stop, mais de ne pas savoir comment faire.

Cette partie de moi, c’est ce côté hyper sensible que je cache. Certains le connaisse, ou le soupçonne plutôt. Pourtant, je pense véritablement être une hyper sensible.

Chacune de mes réactions, qu’il s’agisse d’une grande joie ou d’une grande déception, je les vis intensément. Je suis ce que j’aime appeler une personne : entière.

Alors, lorsque je suis en mesure de laisser éclater ma joie, je le fais. Et quand ma tristesse est exprimable en colère, je le fais aussi. Ce sont sensiblement les deux seuls sentiments avec lesquels je suis à l’aise !

Rire, et gueuler.

Pourtant, un peu chaque jour, j’ai ce sentiment d’être aggressé de tous les côtés. D’avoir toujours quelque chose à enfouir au milieu de tout ce merdier qui est déjà à l’intérieur de moi.

Je ressens ce fort sentiment d’injustice

Je ressens cette incompréhension de la part de tout le monde (alors que je n’exprime qu’un tiers de mes ressentis)

Je me retrouve à pleurer, depuis un an, chaque jour.

Et ça, personne ne le sait.

Pourtant, aujourd’hui, j’avais besoin d’extérioriser. J’ai l’impression de suffoqué dans mon costume de fille forte et je ne sais pas comment réussir à en sortir.

C’est un peu comme si la fermeture de mon costume était coincée !

J’aimerais dire tout ce que j’ai sur le coeur.

J’aimerais être en mesure de pleurer à chaude larme devant ceux qui me blessent pour qu’ils comprennent à quel point cela me touche.

J’aimerais savoir rappeler que je reste une jeune adulte, une enfant dans certains cas, et que je n’ai pas toujours les épaules si larges qu’il n’y parait.

Et ça me paraît impossible. Les gens ne comprendraient pas.

Comment y arriver ?

Alors je me suis tout simplement dit qu’écrire était le meilleur des remèdes. Cela fait quelque temps déjà que j’ai envie de transformer FolieCurieuse en échappatoire, que je puisse retrouver mon goût pour l’écriture – surtout quand j’en ressens le besoin.

Alors, je me suis dit que j’allais créer une section « Franchise » ou j’écris avec mon coeur. Je vous y raconte ma vie, en tentant désespérément de mettre de côté le jugement de certains et l’incompréhension des autres.

Ce sera lu – ou pas – et ça en aidera peut-être certains. Ca m’aidera en tout cas moi ! 🙂

Donc si tu as des réponses à mes questionnements, tu peux déjà me venir en aide en me laissant un commentaire et en me partageant ton ressenti vis à vis de ce que je te raconte.